Présentation

Présentation

Présentation:
Cette histoire est celle du roman : « Le Roman de Sara » d'Anique Poitras, un roman que j'adore, car l'histoire me touche beaucoup. J'ai donc décidé de transposée cette histoire avec notre couple préféré Zac et Vanessa. Aussi, je l'ai fait pour permettre à nos amie Européens de connaître cette magnifique histoire qui n'est pas connu en Europe.

Voici donc la première partie du roman : « La lumière blanche »

Résumé:

Peut-on connaître à 17 ans le grand amour de sa vie? Vanessa et Zac en sont convaincus. Ils sont jeunes, c'est le grand amour. Le mort frappe bêtement. Ça pourrait être la fin d'une histoire ou le début d'une autre? Venez lire si vous voulez connaître l'histoire entière...

Personnages :
Vanessa Hudgens dans son propre rôle.
Zac Efron dans son propre rôle.
Tony Parker dans le rôle de Tony Hudgens, le père de Vanessa.
Eva "Parker" dans le rôle de Eva Hudgens, la mère de Vanessa.
Monique Coleman dans le rôle de l'ancienne meilleure amie de Vanessa.
Ashley Tisdale dans le rôle de la nouvelle meilleure amie de Vanessa.
Chad Michael Murray dans son propre rôle.
Chad Efron dans le rôle du petit frère de Zac.
David Efron dans le rôle de l'autre petit frère de Zac.
Lily Efron dans le rôle de la mère de Zac.
Hilary Duff dans son propre rôle.
...
Et d'autres personnages secondaires qui viendront s'ajouter plus tard.

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 21:30
Modifié le jeudi 14 août 2008 11:08

Chapitre 1

Chapitre 1

On se croirait en plein roman fantastique. Ma mère est au bord de la crise de nerfs. L'ambulance vient d'arriver.

Deux types, l'un gros, l'autre pas, s'amènent dans ma chambre avec une civière. Ils ont bel et bien l'intention de me clouer dessus. Le gros monsieur joufflu pose des questions. Ma mère répond que je suis née le 8 avril 1970...

Le maigrichon hausse les sourcils :

- En tout cas, si elle a trente-sept ans, elle est bien conservée !

Blême comme un drap, ma mère échappe un petit rire nerveux suivi d'un hoquet, s'excuse et précise, toujours en hoquetant, qu'elle a donné sa propre date de naissance.

Ma mère reprend son souffle et ses esprits :

- Elle, comme vous dites, c'est ma fille ! Elle s'appelle Vanessa Hudgens. Elle est née le 4 octobre 1990... Elle a effectivement 17 ans et non trente-sept. À présent, dépêchez-vous donc de lui sauver la vie !

Les deux hommes s'exécutent. Willie, mon chat, ronronne à mes pieds, sous les couvertures. En l'apercevant, la face de saucisson recule vivement d'un pas. Il s'empresse de mentionner sa grande allergie à toute espèce de bibites à poil et ordonne qu'on chasse la bête.

Pas bête du tout, Willie s'en va de lui-même. Il est, quant à lui, allergique aux « airs bêtes » de cet espèce.

Décidément, maman persiste à croire que les ambulanciers incompétents. Ils ont beau me déposer très très doucement sur la civière, elle leur crie de manipuler CE PAUVRE CORPS D'ENFANT avec plus de délicatesse :

- Vous voyez bien qu'elle est entre la vie et la mort ! Ce n'est pas une raison pour l'achever, imbéciles !

- Chère madame, de toute évidence, vous n'êtes pas ambulancière, mais il n'est pas trop tard pour vous recycler ! dit le gros monsieur joufflu.


Maman se tait. On dirait qu'elle va pleurer. Ça y est : elle pleure.

- Excusez-moi, madame. Je ne voulais pas vous blesser, dit l'ambulancier bedonnant d'une voix pleine de douceur, en lui pressant légèrement l'épaule.

- Ça n'a rien à voir avec vous... Je suis tellement inquiète pour Vanessa ! dit-elle entre deux soupirs.


Le maigrelet lui tend quelques mouchoirs, mais elle ne les voit pas et essuie ses larmes avec ses doigts. Pauvre maman ! Elle sanglote en murmurant « ma petite fille » et caresse mon front glacé et mes cheveux en broussaille comme elle le faisait pour m'endormir quand j'étais enfant.

Cet élan de chaleureuse tendresse maternelle me trouble un peu. Me plaît aussi. En général, ma mère est plutôt occupée à me dicter ma conduite. Et à me corriger : en long, en large et en rouge, souligné trois fois. Surtout depuis que papa ne vit plus à la maison.

Lentement mais sûrement, je me suis habituée à mes nouveaux surnoms : MON POUSSIN et GRIPETTE ! Dire qu'avant c'était MINOU CHÉRI ! Ah le Bon Jeune Temps !

Le deux hommes emportent mon corps inerte. Maman les a à l'oeil. On dépose la civière dans l'ambulance. Maman prend place à bord et continue de me flatter comme si j'étais Willie. J'ai baptisé mon chat Willie en hommage à Shakerpeare. J'ai deux idoles. L'autr, c'est Pat Metheny, le plus grand musicien de jazz de notre époque. Écouter l'un en lisant l'autre, WOW !

La sirène entame son célèbre chant. Contrairement à ce que croit ma mère, je ne suis pas du tout à l'agonie.

Voyez-vous, à l'heure où mes copines ne pensent qu'à flirter avec les gars de l'école, moi, je joue vraiment les JULIETTE. Enfin, pas tout à fait. Juliette est réellement morte pour Roméo tandis que moi, je... Disons que j'ai temporairement quitté mon enveloppe charnelle, communément appelée le corps. Pourquoi? Pour rejoindre mon Roméo. Mais à l'allure où vont les choses, notre belle histoire risque de se compliquer.

Je ne pouvais tout de même pas deviner que ma mère viendrait dans ma chambre en plein coeur de la nuit et me trouverait dans cet état !

C'est la faute de l'humidificateur ! Maman l'avait placé à côté de mon lit. Il y a un soi-disant virus dans l'air et comme je toussais un peu... Enfin, ma très chère poule de mère a eu l'idée géniale de vérifier le niveau de l'eau de l'engin. Pour couronner le tout, elle a eu la brillance d'esprit de toucher mon front. Inutile de préciser qu'il était plutôt frais, puisque je n'ai pas réintégré mon corps.

Actuellement, nous roulons en direction de l'hôpital général de Los Angeles, spécialisé dans la jeunesse malade. De tout évidence, je suis dans de beaux draps !

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 22:15
Modifié le jeudi 14 août 2008 11:09

Chapitre 2

Chapitre 2

Et si je commençais par le commencement? Tout ça débute un après-midi nuageux de mars.

Face à la baie vitrée de notre splendide salon, je pianote distraitement un concerto. J'aurais spontanément tendance à bouder Mozart et compagnie, mais mon père m'encourage tellement, pour ne pas dire qu'il m'oblige à persévérer :

- Vanessa, si tu savais quelle chance tu as de pouvoir accéder à cet univers de chefs-d'oeuvre ! Si seulement mes parents avaient eu les moyens de me payer les cours ! ... Ah ! La très sublime et grandiose musique !

Bla bla bla ! ...

Les parents sont parfois bien achalants avec leurs rêves poussiéreux. Surtout quand ils s'acharnent à vouloir les refiler à leurs rejetons naïfs. Comme si les rêves étaient forcément héréditaires !

Ainsi, papa joue sur mes cordes sensibles, et moi, je joue Mozart pour amoindrir sa peine d'enfant non consolé. Bonne fille, va !

Bien entendu, ça ne m'empêche pas d'accorder plus d'attention à la scène qui a lieu dehors qu'à ma partition.

Les yeux rivés sur le camion de déménagement stationné dans l'entrée de nos voisins de drotie, je rêve tout bas.

Depuis notre départ de la banlieue pour la ville, je ne suis pas très gâtée côté copines. Et Monique me manque. Elle était ma meilleure amie depuis la maternelle. On a beau avoir juré solennellement de ne jamais se perdre de vue, on se perd de plus en plus : de vue et du reste. On s'appelle moins souvent. On se parle moins longtemps. Et on ne se coupe plus jamais la parole parce qu'on a trop de choses à se dire en même temps.

Tout ça parce que madame ma mère ne supportait plus de gaspiller son précieux temps sur le pont Los Angeles, entre huit heures trente et neuf heures dix, du lundi au vendredi.

À l'entendre, je n'ai pas à me plaindre ! Nous vivons dans une superbe vieille maison complètement rajeunie, dans un secteur magnifique et paisible, dans une très belle rue boisée mais, à mon avis, infestée de vieilles personnes.

Quel soulagement le jour où le cottage d'à côté s'est finalement vidé des vieux grincheux qui le hantaient depuis la nuit des temps !

Je caresse l'espoir d'avoir une fille de mon âge comme voisine. Et, qui sait, comme amie. Oh, elle ne remplacerait pas Monique, mais elle pourrait être aussi extra !

Ça serait vraiment chouette, mais, surtout, ça ne serait pas un luxe. J'en avais ras le bol des Latourelle (ratoureux, radoteux, ratatinés) et de leur esprit tordu. Quand j'y repense : l'été, je ne pouvais même pas me promener tranquillement dans notre cour, en bikini, sans me faire traiter de petite cochonne par mémé Ratatouille ! Le cochon, c'était plutôt son vieux « snoreau », comme elle l'appelait. Toujours immanquablement affairé à son potager, à ces moments-là, il me dévisageait de la tête aux fesses : les yeux ronds comme des dollars, la bave au coin des lèvres, en grognant comme un pitou piteux.

Ils sont partis, bon débarras ! Quant à moi, je pourrai laisser pousser mes seins en paix, à l'abri des bêtises et des regards obliques.

Pour l'instant, je reste aux aguets. Les déménageurs transportent un énorme congélateur blanc. Mes doigts s'accrochent dans les notes noires. Je n'exécute plus le concerto, je le martyrise.

Dans l'entrée, j'aperçois maintenant une femme très jolie, vêtue d'un blouson identique à celui que ma mère vient de s'acheter. Ses longs cheveux roux sont attachés en queue de cheval. D'une main, elle tient un très jeune garçon lourdaud et grassouillet et, de l'autre, un sac à poignées en osier. À quelques mètres derrière, deux garçons qui ont à peu près mon âge trimbalent boîtes et mallettes. Le plus grand, seul à ne pas avoir la chevelure couleur carotte mais châtain clair, donne de légers coups de pied à un ballon de basket.

Je cherche aux alentours l'amie imaginée. Nulle trace d'elle à l'horizon. Le gars au ballon jette un regard à la fenêtre d'où je l'observe. Je penche un peu la tête pour qu'il ne me voie pas. De loin, je ne le trouve pas laid du tout. En fait, il ressemble beaucoup à la belle femme rousse : sa mère, de toute évidence. Je marmonne entre les dents :
« Si tu penses trouver ici un mordu des sports pour se défoncer avec toi au basket, tu te mets un doigt dans l'oeil et ton ballon aussi ! ».

- M'as-tu parlé, Vanessa ? me crie mon père de la cuisine.


- Non, papa ! Je discutais de musique avec moi-même !

Tiens, Mozart ! Prends ça ! que je pense en piochant sur le clavier pour achever cette maudite pièce qui n'en finit plus de se lamenter.

Une femme et ses trois fils : tels seraient nos nouveaux voisins ? Je suis déçue. Très très très déçue.

Je pense que je vais de ce pas téléphoner à Monique.

- Vanessa, viens-tu m'aider à mettre la table ? me demande gentiment mon père.

Il n'ajoute pas que j'ai joué comme un pied. Je suis sûre qu'il le pense et je m'en fous éperdument !
# Posté le lundi 10 septembre 2007 22:46
Modifié le jeudi 14 août 2008 11:11

Au cas où...

Au cas ou...
Saturation : Depuis quelques mois des utilisateurs créent des blogs pour y mettre des images blanches afin de saturer le système. Dans le but de vous offrir le meilleur service possible nous vous demandons de copier et de mettre cet article dans votre blog (sous forme de nouvel article et sans image) pour faire passer ce message et de s'assurer que votre skyblog est encore en activité. Ne changez aucun mot de l'article sinon le service ne pourra pas le détecter.
ATTENTION/!/Tout skyblog ne contenant pas cette article sera supprimé pour alléger le système.

Merci de votre compréhension.
Toute l'équipe de skyblog
# Posté le mardi 11 septembre 2007 17:44

Chapitre 3

Chapitre 3
- Tony, assure-toi que les pâtes ne soient pas trop cuites ! crie ma mère de la douche.

Mon père hausse les épaules en me faisant un clin d'oeil : « Elle est même pas foutue de se laver en paix ! » murmure-t-il en secouant les fettucine sous l'eau froide.

Je ne sais pas pourquoi maman s'acharne autant à se mêler des affaires culinaires de papa. Une personne, ici, a le don de servir des nouilles pâteuses, molles et collantes : ma mère !

Elle s'inquiète toujours pour tout et pour rien à propos de lui. Pourtant, côté bouffe, il se débrouille plutôt bien. Une chose est certaine, il prépare les meilleurs fettucine Alfredo en ville : une recette de l'un de ses clients, restaurateur italien. Il a beau dire n'avoir aucun mérite, moi, je pense qu'il est trop modeste.

Là, je suis prête à parier mon assiette que maman, en sortant de la salle de bain, va s'empresser d'aller vérifier dans la passoire si les pâtes sont à point.

- C'est prêt, Eva, dit doucement l'homme au tablier en allumant la bougie rouge au centre de la table.

Merde, je n'aurai pas le temps d'appeler Monique ! La grâce en personne apparaît dans la cuisine. Absolument élégante dans son déshabillé de soie turquoise. Cheveux scientifiquement défaits. Léger soupçon de poudre folle translucide sur le nez pour un teint impeccablement mat ; un autre produit BEAUTIFUL, compagnie dont madame ma mère est PDG.

Oh ! Oh ! Maman s'apprêterait-elle à séduire l'homme aux chaudrons, qui a le souffle coupé en l'apercevant ?

Pas pour le moment. Comme prévu, elle se dirige droit vers l'évier. À la recherche des nouilles.


- Désolé, bel ange, elles sont déjà dans la sauce ! fait papa, l'air déçu.

Le bel ange demande si elle peut se rendre utile.

- Bien sûr ! répond mon père. Tu t'assois et tu savoures, d'accord ? ajoute-t-il en déposant fièrement l'assiette fumante devant elle.

Je prends place à table. On sonne à la porte. Je me lève et vais ouvrir.

Le gars au ballon. Devant moi. L'air timide. Pas laid du tout.

J'ai faim et les fettucine de papa m'attendent sur la table de la salle à manger.

Il me regarde. J'attends qu'il parle.


- Allô ! Je m'appelle Zac. Je viens juste de déménager dans la maison d'à côté.

- Je sais !


J'ai parlé trop vite. Je m'en mords les doigts et la langue.

- Ah ! C'était toi dans la fenêtre tout à l'heure !

Syntaxe ! Il m'a vu l'épier. Je ne suis pas contente de moi du tout !

- À quelle école tu vas ? ajoute-t-il en souriant, sans cesser de me regarder droit dans les yeux.

- À EAST HIGH.

- Moi aussi ! Tu es en quelle année ?

- En secondaire quatre.

- Je suis en cinq, dit-il en regardant par terre.


Il était temps ! Je commençais à trouver son regard un peu gênant.

Après tout, ce nouveau voisin n'est sûrement pas venu sonner ici, à l'heure du souper, pour faire connaissance !


- Mon frère Chad, lui, est en secondaire quatre. S'il y a un nouveau dans ta classe, lundi prochain, roux avec des tâches de rousseur, c'est lui !

Décidément, je n'aime pas sa façon de m'observer longuement comme si j'étais une extraterrestre.

Pourquoi je rougis, merde ? Je compte jusqu'à deux. Si à deux il n'a pas pas dit ce qu'il fait chez nous...


- Ma mère demande si c'est possible de vous emprunter un marteau et un tournevis à étoile. On a cherché partout, mais on a pas trouvé le coffre à outils parmi toutes les boîtes.

- Je vais demander à mon père, je réponds sèchement.

En me retournant, je tombe nez à nez avec papa. Il s'approche de notre voisin, lui tend la main et lui souhaite la bienvenue dans le quartier. Il ajoute qu'il lui apporte les outils immédiatement et disparaît au sous-sol.

Zac attend patiemment. Son regard toujours braqué sur moi. Qu'est-ce que je fais ? Je l'abandonne sur le seuil en prétextant que mon souper va refroidir ? ou je reste là, comme une nouille, à patauger dans la gêne comme mes fettucine dans leur sauce ?


- EAST HIGH, c'est quel genre d'école ? demande-t-il.

- Une polyvalente comme une autre ! Avec des profs, des étudiants et des cours, si c'est ce que tu veux savoir !


Je suis bête comme mes pieds et je m'en aperçois. Mon nouveau voisin, lui, ne semble même pas être offusqué.

Le temps passe lentement. Une éternité.

Mon père nous rejoint enfin, outils en main. Il les tend au visiteur.


- Merci beaucoup, monsieur. Vous êtes très gentil, fait le garçon BCIF (Bien Comme Il Faut).

Papa affirme qu'il ne doit pas y avoir de gêne (ça, c'est lui qui le dit), il faut s'entraider entre voisins !

Zac s'en va après m'avoir destiné son plus beau sourire. Mon père retourne à la salle à manger.

Moi, je traîne les pieds jusqu'à la table. Ma mère me dit de ne pas faire ça. Comme si j'avais encore huit ans !

- Vanessa, ça va être froid ! ajoute-t-elle.

Je lui dis de ne pas parler la bouche pleine. Elle ne me trouve pas drôle. Mon père, oui.

Ma faim s'en est allée comme par enchantement, mais rien n'échappe à l'oeil magique maternel. Sexy-maman demande, sur un ton de reproche, si je me suis bourrée de cochonneries. Mon père prend ma défense.

- Non, madame, je suis témoin ! répond-il.

Puis, se tournant vers moi, il poursuit, l'air malin :

- Ce ne serait pas notre jeune visiteur, par hasard, qui t'aurait coupé l'appétit en te tombant dans l'oeil ?

Et vlan ! Mais qu'est-ce qui lui prend ? Ce n'est pourtant pas dans son habitude d'être vache avec moi.

Je me fige sur ma chaise, comme la goutte de cire qui a coulé sur la nappe.

Ma mère sourit en me scrutant, comme si elle me voyait pour la première fois :


- C'est vrai, Vanessa ? Oh, ma fille, méfie-toi du coup de foudre ! dit-elle en regardant mon père sournoisement.

Eh ! Ils ont vraiment l'air de s'amuser follement mes chers parents ! Je ne supporte pas qu'ils se paient ma tête à si bon compte !

Rouge comme la bougie, je brûle de rage et quitte la table en beuglant :


- Il est même pas beau, si vous voulez savoir !

J'envoie promener ma serviette de table dans mes fettucine et je déguerpis en direction de ma chambre, les poings, les mâchoires et le coeur serrés.

Ma mère me rattrape dans le corridor :


- Voyons, Minou Chéri, prends-le pas comme ça ! me dit-elle, douce comme du miel de trèfle à quatre feuilles.

- JE LE prendrai comme JE LE voudrai !


Je m'arrache à son étreinte et à son regard exagérément tendre. Je fonce droit dans ma chambre, fais claquer la porte et me laisse tomber à plat ventre sur mon lit.

Peu après, j'entends, dans la salle à manger, ma mère se plaindre de Minou Méchant :


- Elle est donc susceptible, cette fille-là ! Des fois, je ne sais vraiment pas comment en venir à bout !

- Vanessa est hypersensible, réplique mon père.


Ils peuvent bien discuter de mon hypersensibilité jusqu'à demain matin ! Et se creuser la tête jusqu'en Chine pour trouver des solutions.

Ils m'appellent. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je ne me présente pas. J'entends qu'ils desservent la table.

Ça sonne à la porte. Papa me demande très très gentiment si je veux aller ouvrir. Je crie :


- NON !

J'entends mon père dire :

- Ce n'est rien, voyons ! Ça m'a fait plaisir !

J'entends le gars au ballon dire bonsoir, dire merci, dire :

- Vous direz bonsoir à votre fille !

J'entends la porte se refermer.

Je donne des coups de poing à mon oreiller. Je le bats de toutes mes forces.

Soudainement, je me lève et cours à la fenêtre. Je me trouve complètement niaiseuse.

Il marche lentement, les bras ballants, en donnant des coups de pied à son ballon imaginaire.

Avant de s'engager dans l'allée de leur maison, il se retourne et regarde vers chez nous. Je me retire du paysage : cette fois, il ne m'y prendra pas !

Il a disparu.

Ma foi, je suis complètement maboule ! Sur la vitre, avec mon index, je trace des lettres ... Z-A-C.

On frappe à ma porte. Je sursaute et me dépêche de barbouiller mes écrits.

- Vanessa ! Je t'apporte de quoi te ravigoter, chérie, me dit papa.

- Je n'ai pas faim !

- Veux-tu, on va se parler dans le blanc des yeux, tous les deux ?

- Non ! Je veux voir personne !

Il n'insiste pas. J'enfouis ma tête dans mon oreiller et le serre fort contre moi.

Je pleure tout bas. Tout bas, tout bas, tout bas...

# Posté le mardi 11 septembre 2007 22:57
Modifié le jeudi 14 août 2008 11:14